Comment vérifier si un site est fiable avant d'acheter
Relisez l'adresse lettre par lettre, cherchez les mentions légales, regardez depuis quand le site existe, et vérifiez que vous pouvez payer par carte. Le cadenas du navigateur ne prouve rien : il dit que la connexion est chiffrée, pas que le vendeur est honnête. Si une seule de ces quatre vérifications échoue, n'achetez pas.
Mis à jour le 3 octobre 2026.
À quoi ça ressemble
Exemples fictifs, écrits pour l'illustration. Aucun ne reproduit un message réel.
Publicité vue sur un réseau social — Boutique inconnue
Déstockage usine : -70 % sur tout le site, aujourd'hui seulement. Livraison en 48 h. Plus que 3 articles disponibles.
Page d'accueil du site — soldes-officiel-fr.shop
Un catalogue de centaines de produits de marques connues, tous à moins de 30 euros, sans aucune adresse d'entreprise et avec un formulaire de contact pour seul moyen de joindre le vendeur.
Le cadenas ne veut pas dire ce que vous croyez
C'est la confusion la plus répandue, et les escrocs s'en servent. Le petit cadenas affiché par votre navigateur signifie une seule chose : ce que vous tapez sur cette page voyage chiffré jusqu'au serveur. Il ne dit rien du tout sur la personne qui tient ce serveur.
Le certificat qui affiche ce cadenas est gratuit et s'obtient en quelques minutes, sans justifier de quoi que ce soit. La quasi-totalité des faux sites en ont un. Un site sans cadenas est à fuir ; un site avec cadenas reste à vérifier.
1. L'adresse, lettre par lettre
La fraude la plus courante consiste à prendre le nom d'une enseigne connue et à le déplacer d'un caractère. Lisez l'adresse à voix haute, lentement, en regardant chaque lettre.
- Une lettre changée ou doublée, qui passe inaperçue à la lecture rapide.
- Un chiffre à la place d'une lettre : un zéro pour un o, un 1 pour un l.
- Le vrai nom collé à un autre mot avec un tiret, comme « marque-officiel.com ».
- Le vrai nom placé au début d'une adresse qui se termine autrement : tout ce qui précède le dernier point avant l'extension peut être inventé.
Ce qui compte est la fin de l'adresse, juste avant la première barre oblique. C'est la seule partie que personne ne peut falsifier. Tout ce qui est écrit avant appartient à celui qui a enregistré le nom.
2. Depuis quand ce site existe-t-il ?
C'est la vérification la plus révélatrice, et presque personne ne la fait. Une boutique qui prétend déstocker des centaines de références et dont le nom a été enregistré il y a trois semaines n'est pas une boutique.
La date de création d'un nom de domaine est une information publique. Plusieurs services gratuits l'affichent : tapez le nom du site suivi de « whois » dans un moteur de recherche. Vous cherchez une ligne de création ou d'enregistrement.
- Moins de six mois pour une boutique qui vend des marques connues : méfiance sérieuse.
- Moins d'un mois : n'achetez pas, quel que soit le reste.
- Plusieurs années : rassurant, mais insuffisant à soi seul — un nom expiré peut être racheté.
3. Les mentions légales
Tout site marchand qui s'adresse au public français doit indiquer qui le tient. Cherchez le lien en bas de page, souvent écrit en tout petit.
- Un nom d'entreprise, pas seulement un nom commercial.
- Un numéro d'immatriculation, un SIRET en France.
- Une adresse postale complète, pas une simple ville.
- Un moyen de contact autre qu'un formulaire.
Si cette page n'existe pas, ou si elle ne contient qu'une adresse e-mail en gmail.com, arrêtez-vous là. Un vendeur qui ne dit pas qui il est ne pourra pas être retrouvé.
4. Le moyen de paiement
C'est le point sur lequel on ne transige pas, parce qu'il décide de ce qui se passera si tout se passe mal. Payer par carte vous laisse un recours : vous pouvez demander à votre banque de contester l'opération.
Un site qui réclame un virement bancaire, une cryptomonnaie, une carte cadeau, ou un envoi « entre proches » vous prive de tout recours. L'argent parti par ces moyens ne revient pas. Un vendeur honnête n'a aucune raison de les exiger.
5. Les avis, mais ailleurs que sur le site
Les avis affichés par un site sur lui-même ne prouvent rien : ils sont écrits par celui qui tient le site. Les étoiles, les photos de clients et les prénoms peuvent être inventés en quelques minutes.
Cherchez plutôt le nom du site dans un moteur de recherche, suivi du mot « avis », puis du mot « arnaque ». Regardez surtout les témoignages datés des dernières semaines, sur des espaces que le vendeur ne contrôle pas : forums, réseaux sociaux, sites de signalement.
L'absence totale de mention est un signal en soi. Une boutique qui existe vraiment et qui vend vraiment laisse des traces, bonnes ou mauvaises.
Et le prix ?
Une remise massive sur un produit qu'aucun autre marchand ne brade est l'appât le plus ancien du commerce en ligne. Avant de céder, ouvrez deux autres sites connus et comparez le même article.
Le compte à rebours, le « plus que trois articles » et le « aujourd'hui seulement » servent la même fonction : vous empêcher de prendre les trois minutes nécessaires aux vérifications ci-dessus. C'est exactement pour cela qu'ils sont là.
Vous avez déjà payé
- Contactez votre banque immédiatement et demandez à contester l'opération. Plus vous agissez tôt, plus c'est simple.
- Conservez tout : l'adresse du site, la confirmation de commande, les échanges, les captures d'écran. Ce sont vos preuves.
- Si vos coordonnées bancaires ont été saisies sur le site, faites opposition sur la carte.
- Signalez le site, pour que d'autres ne tombent pas dedans après vous.
Ne recontactez pas le vendeur pour réclamer un remboursement si vous le soupçonnez d'être malhonnête : c'est le moment où l'on vous proposera de « régulariser » par un second paiement.
Vérifier un message maintenant
Un doute sur un message précis ? Déposez-le, vous avez la réponse en quelques secondes.
Vérifier mon message1 vérification gratuite, sans compte ni carte bancaire.
Ressources officielles
SignalConso
Pour signaler un problème avec une entreprise ou un démarchage abusif (service de la DGCCRF).
https://signal.conso.gouv.frCybermalveillance.gouv.fr
Le service public d'assistance aux victimes d'actes de cybermalveillance.
https://www.cybermalveillance.gouv.fr
Questions fréquentes
- Le cadenas dans la barre d'adresse veut-il dire que le site est sûr ?
- Non. Le cadenas signifie que la connexion est chiffrée, c'est-à-dire que ce que vous tapez voyage à l'abri jusqu'au serveur. Il ne dit rien de la personne qui tient ce serveur. Le certificat qui l'affiche est gratuit et s'obtient en quelques minutes, et la quasi-totalité des faux sites en possèdent un.
- Comment savoir depuis quand un site existe ?
- La date de création d'un nom de domaine est publique. Tapez le nom du site suivi du mot « whois » dans un moteur de recherche : plusieurs services gratuits affichent la date d'enregistrement. Une boutique qui vend des marques connues et dont le nom a été enregistré il y a moins d'un mois doit être écartée.
- Un site sans mentions légales est-il forcément une arnaque ?
- Pas forcément, mais c'est un motif suffisant pour ne pas acheter. Tout site marchand qui s'adresse au public français doit indiquer le nom de l'entreprise, son numéro d'immatriculation et une adresse postale. Un vendeur qui ne dit pas qui il est ne pourra pas être retrouvé si la commande n'arrive jamais.
- Pourquoi ne faut-il jamais payer par virement sur un site inconnu ?
- Parce qu'un virement ne se conteste pas. Avec une carte bancaire, vous pouvez demander à votre banque d'annuler l'opération. Avec un virement, une cryptomonnaie ou une carte cadeau, l'argent est parti sans recours. Un site qui refuse la carte, ou qui la propose puis invoque un problème technique pour demander un virement, est une arnaque.
- Comment reconnaître une adresse qui imite une marque connue ?
- Lisez la fin de l'adresse, juste avant la première barre oblique : c'est la seule partie qui ne peut pas être falsifiée. Cherchez une lettre changée ou doublée, un chiffre à la place d'une lettre, ou le nom de la marque collé à un autre mot par un tiret. Tout ce qui est écrit avant ce point appartient à celui qui a enregistré le nom.
Ce guide est une aide à la décision, pas un avis juridique. Les organismes cités ci-dessus sont les seules références officielles que nous mentionnons, et leurs coordonnées sont vérifiées à la main. En cas de doute sur un message, contactez l'organisme concerné par son canal officiel habituel — jamais par le lien ou le numéro reçu dans le message.